Mais mais mais... je vous montre le cadeau et son histoire.
Quand on se promène tout au bout du bout de la pointe de Pen-hir (faisez gaffe y'a du vent, alors pour les poids plume lestez vous), on peut apercevoir les jours où la brume est clémente, à environ 1,567 mile (approximativement mesuré par mon oeil de lynx), [sachant pour les moins marins d'entre vous que 1 mile nautique = 1852 m], une petite île au loin, qui parait inaccessible.
Qui parait seulement...
Parce que moi, cher lecteur fidèle, un jour de vent de force 12 (c'est un "ouragan", 118 km / h.) je décidai sur mon petit bateau dont la seule voile était formée de mon t-shirt en lambeaux, consolidé ça et là (surtout là) par de maigres mouchoirs récupérés de mes aïeux, marins également, de découvrir ce territoire mystérieux, vierge de toute occupation humaine.
En approchant de cette île, subitement la tempête diminua, petit à petit le vent devint brise, la pluie devint crachin, puis rosée, jusqu'à s'éteindre en une humidité très agréable, qui m'aidait à supporter les 35° de température ambiante (température moyenne d'un été en Bretagne).
Cette île était un petit paradis sur mer... sauf qu'on captait pas !
ça la fouttait mal, personne ne savait où j'étais (je pars souvent sur ma barquette faire le tour des îles locales, une fois j'ai fait Morgat-Dublin dans l'après midi, qui dit mieux?).
Je partis donc à la découverte de cet endroit méconnu, je me frayais un chemin dans la forêt de palmiers, de bananiers, de palétuviers et de bonsaï géants (d'arbres quoi).
Au bout du chemin, taillé à la sueur de mes ongles et de mes dents, bravant un troupeau de serpents assoifés de sang de marin, je découvris l'entrée d'une grotte, obstruée par un amas de rocs donc j'estimais le poids à environ 53,76 kg (j'estime super bien les trucs en général).
Après avoir avec habileté et talent dégagé les 345 cailloux (facile), je pénétrais dans cette antre et me trouvais face à un vieillard avec une barbe longue... longue comme... heuu... un très très long rouleau de PQ déroulé sur toute sa longueur ! (ouais, toujours vulgaire me direz vous, mais ça tout le monde arrive à l'avoir en tête, j'aurais dit "de la côte à la distance réglementaire pour pêcher le bar" z'auriez eu l'air malins tiens!).
Il m'a raconté l'histoire de cette île, qu'elle fut jadis habitée par trois pretresses bretonnes, belles comme le sont toutes les bretonnes, elles y mirent un sort pour qu'il y fasse toujours beau (comme partout en Bretagne, mais encore plus), qu'il n'y pleuve ou vente jamais et qu'à leur mort, pour garder le lieu propre, sain de toute présence humaine elles l'ont ensorcelée afin que l'île soit inaccessible par tout être humain, sauf un héros au coeur pur, une sorte de roi arthur des temps modernes, qui saurait braver les flots et ramener le secret de cet ilot.
Bon et comme par hasard, sur qui que ça tombe cette histoire encore ?
... Ben voilà t'as deviné !
Le vieillard me tendit un sac plein de cailloux un peu bidons (pour un oeil inexpérimenté) et me donna un dernier conseil : "t'as 3 minutes pour dégager, branleur, après l'île va couler, alors bouge ton cul et remet les cailloux de l'entrée en place !" (formalité). Sympa !
Ben ouais il aurait pu rien me dire et moi je me serais promené pépère sur mon nouveau chez moi (j'l'aurais balancé à la flotte le vieux pour m'approprier le lieu et le louer à de riches anglais en mal de solitude et d'aventures folles).
Je me précipitais donc sur mon embarcation de fortune, à 36km de là (suis un sprinter né), à travers la jungle et les dangers de la Nature.
Je reprit mon vieux t-shirt et m'éloignai de cette Terre plus tellement inconnue... la rosée revint, la brise également, puis ce furent le vent et la pluie, enfin la tempête, l'île sombra dans un déluge et une grosse musique de film se jouait pendant que je regagnais paisiblement la côte.
D'ailleurs z'avez qu'à y aller au bout de la pointe de Pen-hir, y'a pas d'île hein, alors j'dis pas des conneries !!
En rentrant dans ma hutte (on n'a pas encore de maisons en Bretagne, déjà on peut se laver toutes les semaines, on va pas être trop exigeants non plus), je balancais négligemment le sac avec les cailloux sur mon lit de paille et m'adonnait à mon plaisir quotidien : boire.
Au réveil, 3 jours après, j'ouvris le sachet plein de vomi (on contrôle pas tout quand on a bu) et y découvris des minables cailloux... "me suis encore fait avoir" pensais-je !
Des cailloux en forme de goutte d'eau (des gouttes de cailloux quoi), que voilà en photo.
Et comme il y avait ce sort pour empêcher la pluie sur cette île mystérieuse, me suis dit que j'avais devant moi... des perles de pluie, venue de pays où il ne pleut pas !
et ça c'est class !
Et comme moi ça m'intéresse pas, ben c'est le cadeau que je vais offrir au vainqueur de mon concours, c'est le top du romantisme non ?
